LES LETTRES DE LÉON


Les impudents parfois imprudents.

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Avez-vous remarqué comment certains parviennent à occuper sans relâche ce qu’il est convenu d’appeler les média avec une facilité qui n’a d’égale que celle des importuns à vouloir sans cesse vous voir et vous revoir ?

Ainsi tenez, Jack Lang. S’il advenait que par malheur il chutât du haut de son ego ou de sa faconde, c’est certain, il en mourrait. Beaucoup trop haut. Certains qui comme Jacques Attali ont atteint ces sommets d’autosatisfaction rapportent qu’il est déjà bien difficile d’y survivre. La raréfaction de l’oxygène sans doute.

Jack et Jacques, les deux faces d’une même monnaie qui n’a plus guère de cours mais qui possèdent en commun une caractéristique que nul ne leur envie ni ne leur dispute, celle de ne servir à rien alors qu’eux se considèrent comme essentiels, j’en jurerais.

Jack certes inventa la fête de la musique et si vous ne le savez point c’est que soit vous vivez fort profondément sous terre ou loin, loin au-dessus de l’égo de Jack. Car il ne manque guère une occasion de nous le rappeler; si nous jouons de la musique une fois par an, c’est grâce à Jack. Et figurez-vous que le monde entier se mit, au fil du temps à nous imiter et gageons, pour certains, sans savoir qu’ils doivent tout à Jack.

Mais en dehors de la promotion de l’art de la flûte, arrêtons-nous un instant sur les plus belles réussites de Jacques Long, le seul narcissophile égoïstement autocentré connu ayant à la fois un prénom anglophone et un nom germanophone.

En tout premier et très tôt déjà, il fut l’inventeur de l’autocélébration clinquante,  offrant ainsi au monde le seul mouvement perpétuel officiellement reconnu par l’académie des sciences. Très peu après il créa et fit le succès de la magnifique périphrase ; moi, personnellement je pense, lui permettant par le truchement de cet outil de se citer trois fois…pour ne rien dire. Un maître vous dis-je.

Puis il s’éloigna bien à son corps défendant des lumières qui caressaient avec amour et reconnaissance les envahissantes épaulettes de ses costumes années 80.

Mais chaque année, alors que le printemps comme souvent revenait aux mêmes dates, il réapparaissait avec quelque chose au visage en plus ou en moins à tel point qu’un jour venu il fallut attendre qu’il parlât pour que le peuple le reconnût.

Le pouvoir l’installa à l’institut du monde arabe dont chacun se demande encore ce qu’il pouvait bien en connaitre, en dehors des luxueuses chambres de la Mamounia à Marrakech, puis soudain il perdit la mémoire.

Il perdit également le sens du discernement mais en avait-il jamais disposé d’un, lui qui aux côtés de l’infâme Matzneff et de bien d’autres encore se fendait, il y a déjà près de cinquante ans, d’un chevaleresque soutien à des coupables condamnés pour pédophilie.

Enfin et pour écourter la liste de ses « approximations » il trouva en la proximité du sieur Epstein, gentillesse, générosité, mais point semble-t-il de souci remarquable vis-à-vis de jeunes femmes bien trop jeunes.

Voilà.

Sa vie va s’échouer piteusement sur une plage de ragots, de vérités, à demi, ou entières et d’infamie nourrie ou non de preuves. Tout ça pour cela. Dis Jack, n’aurait-il pas mieux valu que tu continues à nous abasourdir avec ton ego bien gentiment chaque année pour nous rappeler ton « invention » de la fête de la musique ?

Le mitterrandisme, cette maladie auto-immune que la France s’est plu à s’inoculer alors que rien ne l’y obligeait, s’éteint doucement. Et nous allons la laisser nous soulager désormais non sans faire un bref rappel d’un autre gonfleur d’hélices, le brave Jacques Attali.

Rassurez-vous, je ne m’y attarderai pas aujourd’hui. Juste quelques mots pour vous le rappeler si vous l’avez oublié.

Jacques Attali, comment vous le décrire… C’est cet homme au demeurant brillant qui se plait à se croire influent comme un petit Minc mais qui aurait été plus subtil. Vous saisissez ?

Le fonds de commerce de Jacques, car on ne peut parler d’œuvre, c’est d’imaginer toutes les catastrophes qui pourraient un jour nous atteindre. Il les a toutes tellement convoquées ces catastrophes que, certainement, il aura raison un jour. Je ne sais s’il sera de ce monde encore, mais il aura tout prévu, puisque tout envisagé.

Lui aussi, gonflé d’orgueil, davantage encore que Jack, probablement à bon escient cependant car l’homme est intelligent, aura pensé toute sa vie que mieux valait susurrer à l’oreille des puissants plutôt que se mettre en avant, comme un machiavel moderne en somme.

Hélas, il ne parla vraiment qu’à l’homme le plus fourbe de l’époque, Président par calcul plutôt que par conviction, qui ne voyait aucun souci à écouter quotidiennement un intellectuel juif et brillant tout en gardant en même temps son amitié, sa protection ( ?) à Paul Touvier.

Vous me direz mais Touvier entra en résistance en 1943. Oui, la même année que Mitterrand d’ailleurs, cette année même où tous deux durent comprendre …. que Pétain et les allemands allaient perdre.

Pauvre Jacques Attali, confident, admirateur de cet homme qui aima en son temps le responsable de la rafle des juifs de France et l’un de ses intellectuels les plus brillants, juif également. Comme j’ai eu mal pour lui le jour ou tout ceci fut révélé, avoué ou plutôt orchestré par ce petit président que certains voient encore grand. Mais que restera-t-il de cet homme ? Ah si, une pyramide de verre sans doute, au beau milieu du Louvre. La seule construction transparente à laquelle il ait prêté son talent.

Mais assez de critiques. Et pourtant il y a encore beaucoup à dire sur ces hommes-là.

Laissons-les reposer là. L’un mort depuis longtemps, les autres terminant leur existence comme ils le peuvent. Un peu en sorte ainsi que nous le faisons tous, égoïstement et avec ou sans talent, banalement finalement.

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