Mon cher Donald,
Ce matin, comme tous les matins, enfermé à double tour dans ta chambre ainsi que tu aimes, tu t’es réveillé. Et comme chaque jour, après avoir rendu à ton corps cette féline souplesse que tous t’envient tu es allé te poser sur ton trône, celui qui tant sied à ta Grandeur, même si son contact est un peu frais de prime abord, le temps que ton royal fessier en apprivoise la porcelaine.
Là, comme un roitelet d’opérette, contemplant tous les beaux aménagements dorés dont tu as orné ta chambre, tant et tant qu’on dirait une vieille prostituée fatiguée, tu penses à ta journée.
Tes caprices d’hier sont déjà loin, ceux assouvis tout comme ceux que tu as renvoyés à un futur incertain mais que tu n’abandonnes pourtant pas…tant que tes sujets eux-mêmes ne les ont pas oubliés.
Tu réfléchis à ta malle à bonheur, là où reposent tous les fantasmes qui traversent ton esprit tortueux dans l’attente de ton choix quotidien. Quelle outrance vas-tu choisir ? Quelle surprise vas-tu projeter à la figure du monde aussi absurde que mal odorante.
Pour y parvenir, tu pousses tes caprices au plus loin de tes capacités.
Tu pousses et pousses encore jusqu’à ce que l’évidence se fasse et que ton cadeau mégalomaniaque voie le jour dans un « sploutch » un peu déroutant mais c’est le bruit de ton esprit, de tes synapses, de l’intérieur de ton corps.
Tu as trouvé ; pour aujourd’hui tu vas demander à Emmanouel Macron de t’offrir la Tour Eiffel que tu souhaites disposer à J’en ai Mar a Lago.
Pendant ce temps que le monde va passer à commenter, peser ta requête, puis calculer, voir miser sur la réponse française, plus personne ne pensera à ces flashbacks que tu hais tant sur ta jeunesse dépravée.
Car ton existence est éreintante, chaque jour que Dieu fait, Dieu qui est bien content de toi et de tes belles actions, car le soleil à peine levé, tu dois créer un évènement qui remplace celui de la veille, de l’avant-veille, coexiste avec d’autres, tout ceci afin que l’attention soit bien concentrée sur ton nombril grassouillet. Tu te souviens de tes performance d’animateur de télé réalité, seul métier que tu aies exercé avec naturel, tant il te ressemble. Lorsque les producteurs t’avaient confié le rôle de celui qui hait tout le monde à part lui, ils n’avaient pas fait grande œuvre d’imagination tant nous lisons sur ton visage à la lippe boudeuse les restes encore présents d’un égoïsme infantile.
Tu te lèves, regardes dans la glace le vieillard dont les cheveux défaits pendouillent lamentablement et dont un côté est conservé très longs tandis que l’autre, plus court, attend patiemment le ridicule assemblage du matin qui ne trompe encore que toi Donald, toi, toi, toi.
Tu agites une clochette en or avant d’aller ouvrir la porte pour vérifier que ton ordre est bien passé. Tu pestes sur le poids effarant de tes mules puis te souviens qu’elle sont en or massif, ce qui soudain leur rend grâce à tes yeux.
Tu te recouches au moment où ton valet mexicain toujours clandestin t’amène tes premiers hamburgers spongieux et nuggets huileux. Il a pris bien garde de conserver et disposer les emballages Mc Donald’s sur le plateau afin d’éviter que tu ne deviennes suspicieux pour que finalement tu le traites de violeur, cannibale et quoi d’autre encore ?
Tu aspires un peu de coca cola ultra sucré sans que cela n’ait aucun effet sur ta santé …. tes médecins te l’ont dit ils n’avaient jamais vu cela … ni un génie tellement stable, comme tu aimes à rappeler aux gens afin qu’ils ne te prennent pour un débile déséquilibré, qui sait ?
C’est bon de boire dans une paille en plastique bien rigide, n’est-ce pas Donald ?
Tu allumes tes huit écrans de télévision, tous coincés par défaut sur la chaine Fox News et tu attends tes premiers compliments du matin en te réjouissant que huit chaines au moins soient du même avis.
Tu envoies quelques messages dont un à la reine d’Angleterre dont tu as oublié le décès alors même que tu t’es royalement ennuyé à son enterrement. Tu en prépares un tout spécialement pour Emmanouel en lui disant la bonne nouvelle. Encore un concernant le prix Nobel que des voyous t’ont dérobé, la construction de ta statue au mont Rushmore en lieu et place de celles existantes, ta proposition de renommer les dix plus grandes villes américaines Trump city one, two, three … et bien d’autres encore de moindre portée historique.
Voilà, dans quelques minutes les plus grands maquilleurs et truquistes de Hollywood vont tenter l’impossible, te redonner visage humain. Pour le contenu hélas, rien n’est possible.
Puis tu vas sortir et commencer à emmerder le monde maintenant et pour toujours.
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