LES LETTRES DE LÉON


Angela Quecalor

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Il était une fois, dans un pays qu’on appelait le Gers et où les collines étaient faites de brioches dorées que les chèvres croquaient doucement en se léchant les lèvres et où les rivières étaient  de longs rubans de réglisse bleu, il était une fois disais-je une jeune enfant.

C’était déjà une jeune fille de sept ans passés qui s’appelait Angela Quecalor. Sa maman l’avait appelée ainsi parce qu’en été il fait chaud et que l’hiver il gèle. 

Parfois même quand il neigeait, les collines se couvraient de sucre glace qui en dégoulinant des sommets faisaient comme une crème délicieuse dont les enfants remplissaient leur cartable après l’école pour la manger plus tard, le soir, au coin du feu. Comme Angela souvent ne pouvait résister à goûter ce dessert de la nature lorsqu’elle rentrait à sa maison elle avait du gâteau plein les trous de nez et sa maman, bien sûr s’en rendait compte. 

Mais elle ne la grondait pas car c’était une maman très gentille. D’ailleurs, sa maman s’appelait Madeleine, elle comprenait donc qu’on puise aimer les gâteaux, évidemment. Elle avait surement fait pareil quand elle était petite puisqu’elle aussi elle était mince et elle avait comme une queue de cheval, enfin une tresse.

Tous les enfants du village étaient gourmands mais aucun ne l’était autant qu’Angela. C’était une grande fille pour son âge, plutôt longue et mince et quand elle courait on aurait dit un poney à cause de sa queue de cheval ou …. un cheval à cause de sa queue de poney, on ne savait plus très bien. 

En tout cas elle courait , elle jetait une jambe en l’air, faisait des moulinets avec ses bras et parfois elle sautait pour faire un petit tour rapide comme une danseuse, bref elle aimait bien faire un peu l’andouille.

Ce matin-là,  elle avait décidé de réunir ses meilleurs amis pour organiser un grand évènement. Ils étaient tous dans la cour avant que ne sonne la cloche et Angela décida de leur parler. Elle monta sur un petit mur et s’adressa à eux.

Les amis, dit-elle, j’ai eu une idée et je vais vous l’expliquer et tous ceux qui ne voudront pas jouer avec moi devront imiter le perroquet pendant une semaine.

A ces mots chacun se tut, il était bien clair qu’Angela ne plaisantait pas. Une semaine à faire Coco content, Où elle est Angela, croooo, croooo …. ça n’était pas possible.

Voilà dit-elle encore, je vais vous expliquer. Nous allons organiser un grand pique-nique, alors voyons, Mammouth ? (c’était un garçon avec un long nez tout plissé qui marchait en dandinant son gros derrière alors, évidemment ce fut mammouth)  oui Mammouth, tu iras cueillir les arbres à éclairs au chocolat et au café.

Avec les chewing-gums feuilles vertes demanda-t-il ?

Non, laisse les, ça ne se mange pas.

Toi Gratounette (c’était la meilleur amie d’Angela, on l’appelait ainsi parce qu’elle avait les cheveux qui grattaient un peu quand on les lui caressait) tu iras tondre les épinards  chamallow derrière la maison du curé. D’accord j’irai dit Gratounette en se grattant la tête.

Et toi Pimpon (comme il n’enlevait jamais son casque de vélo, il ressemblait un peu à un pompier) tu iras couper le tourniquet en belles parts de flan à la vanille et surtout fais en sorte qu’elles soient bien toutes pareilles. Pour sur, dit Pimpon, je n’y tremperai pas mes doigts, promis.

Tout le monde connaissait sa mission et à midi, lorsque l’école fut finie, chacun partit comme un petit aventurier réaliser son exploit avant de retrouver Angela sur la place du village.

Elle s’était donnée un travail également et se rendit dans les vignes traire le raisin pour en faire du jus comme une vache donne du lait. Elle s’arrêta devant le premier cep de vigne, se saisit à pleines mains d’une grappe, puis une autre avant de les serrer entre ses doigts. Le jus de raisin coula dans la bouteille. Elle en remplit deux qu’elle mit dans son panier puis elle alla au champ de maïs, cueillit plusieurs gros épis jaunes, doux et juteux. Elle commença à mâchouiller les grains de maïs puis recracha le jus dans une bouteille, avec précaution. 

Ça paraissait dégoutant et ça l’était certainement mais tout le monde aimait tant le jus de maïs. 

Encore deux bouteilles rafraichissantes et Angèle retrouva ses amis sur la place du village et tous s’assirent sur les bancs en génoise où il commencèrent à déguster le résultat de leurs recherches.

Ils mangèrent et mangèrent tant qu’ils avaient tous un gros ventre qui trainait par terre et à la fin, chacun avait un peu mal à la tête et au ventre aussi.

Ils se quittèrent et tout le monde était un peu vert. 

Alors qu’Angela arrivait à sa maison sa maman lui dit tu viens manger ma chérie ?

Non, merci maman dit Angela en montant l’escalier et son ventre trainait sur les marches un peu comme une grosse limace qu’on traine dans l’herbe. Elle ouvrit la porte de sa chambre se jeta dans son lit, à plat (enfin si j’ose dire) sur le ventre et s’endormit. Ni ses pieds, ni ses bras et ses mains ne touchaient son matelas tellement son ventre était gros de tous ces gâteaux. Alors tout doucement elle digéra et le soir quand enfin elle fut bien à plat sur son lit elle se jura que jamais, plus jamais elle ne recommencerait.

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