LES LETTRES DE LÉON


Ce bon Nicolas

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Cher Père Noël, mon cher Nicolas

Pardonne-moi de t’appeler par ton prénom et tu seras sans aucun doute surpris par ma missive très personnelle, mais d’agréables réminiscences me viennent à l’esprit en disant ton nom et j’en ai grand besoin en cette soirée ou mon ennui n’a d’égal que ma détresse. Soupir.

Cette année tout particulièrement, je te prie, que dis-je, je te supplie de donner une suite favorable à ma commande de Noël car même si tu m’as toujours comblée les années passées cela s’est malheureusement avéré bien inutile compte tenu de l’état de certains.

Si tu ajoutes à cela les misères sanitaires que nous avons eues ici-bas et auxquelles il fut bien compliqué d’échapper, tu imagineras sans peine ma tristesse connaissant ma finesse et ma fragilité.

Aussi ne te demanderai-je qu’une seule chose si tu veux bien me satisfaire.

Voici, je me lance, sois indulgent.

De grâce, rends à mon cher Vicioso sa vigueur d’autrefois qui tant lui fait défaut. Et puisque tu seras, si j’ose dire, à l’ouvrage procure lui également le sens de la durée et de l’imagination qui, toujours lui firent grand défaut. 

Voilà, c’est beaucoup je le sais mais c’est tout, en tout cas pour cette année.

Dans l’hypothèse où tu considèrerais que la mission excède tes pouvoirs qui sont grands, ce qui hélas est du domaine du possible pourrais-tu, sans te déranger me fournir en compensation un homme jeune, bien de sa personne et disposant de tous les accessoires et services à la personne susceptibles de réjouir une femme certes un peu vieillissante mais toujours très attirante ?

Si tu devais en arriver à ces extrêmes bien regrettables pourrais-tu faire en sorte que cet ami soit facile à ranger et dissimuler ? Je n’ai en effet pas l’intention de faire état de sa présence ni ne souhaite mettre Vicioso pour lequel j’ai grande affection dans une situation susceptible de le fragiliser.

En souvenir d’une certaine journée qui fait encore frémir mes synapses, je te sais gré d’accéder gentiment à ma requête.

Ta Salacia pour toujours, 

Reine de Grosselande

Salut Santa !

Comme tu me l’as requis la semaine dernière et malgré un agenda bien chargé j’ai donc épluché deux calendriers de pompiers (un rural et un citadin) ainsi que celui du stade français qui au passage et bien que présentant sur le papier tous les atouts dont une jeune fille de bonne famille peut rêver, s’est révélé bien décevant. Mais vraiment décevant. Soupir.

Enfin, le travail est là et bien documenté. Tu trouveras en annexe à la présente le fichier Excel individualisé de chacun des participants reprenant leurs performances respectives pour les critères considérés et notamment leur temps moyen de connexion, leur time to market lissé sur les trois essais, leur palette de services. Comme tu le verras, je les ai séparés en deux parties ; services garantis, services sur commande. 

Afin d’éviter une incompréhension toujours possible, j’ai bien dit services et pas sévices, une erreur de typographie qui un jour m’entraina dans une aventure bien involontaire, mais c’est une autre histoire que je te conterai peut-être au printemps lorsque tu seras plus disponible.

En outre et afin de t’éviter une perte de temps considérable je me suis permise de te proposer un classement personnel, disons un podium qui s’appuie bien entendu sur les données chiffrées précédemment évoquées mais aussi sur ces « je ne sais quoi » impossibles à mesurer scientifiquement mais qui font l’agrément de la vie. Ne sois donc pas surpris que le numéro un de mon classement n’aie pas la meilleure note globale. Ah ce charme. Soupir.

En ce qui me concerne, n’importe lequel des trois finalistes brillamment classés me correspondrait parfaitement et si par bonheur tu devais ne pas tous les utiliser, sois gentil de me le faire savoir.

J’espère avoir répondu à ton attente pour laquelle je me suis dévouée et te rappelle de ne pas hésiter à faire de nouveau appel à moi, au besoin.

Allez, la bise

Pernicia,

Princesse héritière de Grosselande

Mon cher Nicolas, mon vieux compagnon d’armes.

J’espère que cette missive te trouve gaillard comme toujours, paillard comme jamais ! Ah les bons souvenirs de nos campagnes passées. 

J’y pensais l’autre jour justement et je me demandais ce qu’était devenue Blanche Neige après que nous l’ayons sauvée de l’attaque coordonnée des sept nains. T’en souvient -il ? Impossible de mettre la main dessus. 

Elle est absente des réseaux sociaux, introuvable dans les pages blanches. Elle a certainement opté pour la discrétion tant il est vrai qu’elle a dû avoir peur après cette pitoyable aventure. Comme je regrette de n’avoir poussé mon avantage plus avant à cette époque. Soupir.

Si tu as de meilleures informations aurais-tu l’obligeance de les partager avec moi ?

Mais je m’égare déjà et te sais fort occupé, aussi vais-je être bref.

Comme chaque année et je sais bien que tu adores ces demandes qui font de toi le sociologue le plus pertinent de notre univers, comme d’habitude voici ma liste. Sachant que tu ne connais aucune contrainte, il va sans dire que je ne tolèrerai aucune omission à mes désirs.

La voici donc dans sa crudité la plus angélique.

  • Une robe de chambre en pilou pilou de chez Nanart. Évite les carreaux qui ont un effet grossissant je te prie. Pour la taille un XXXL devrait suffire. Ah j’oubliais, j’ai un goût particulier pour les poches de poitrine où j’aime à y fourrer ma pipe. Penses-y.
  • Dans un monde parfait, tu devrais pouvoir trouver un pyjama et des chaussons coordonnés. Tu sais combien j’apporte de l’importance à une tenue bien ordonnée.
  • Une jolie bouillotte en cuivre. Car si je fais désormais chambre à part, ceci afin de dormir tranquillement je ressens davantage les effets du froid qui, sur mon vieux corps ne manquent pas de me nuire grandement.
  • Un poster d’un lamantin se chauffant le dos au soleil.
  • Un abonnement au Figaro Week-end avec ses suppléments histoire.
  • Et surtout je te remercie de renouveler mon stock de Bromure de Potassium tant j’en utilise pour lutter contre l’appétit dévorant de mon épouse que tu connais bien, si je ne m’abuse.

Voilà, mon vieil Ami. Rien d’impossible comme tu peux t’en rendre compte par toi-même.

Je te souhaite un 26 décembre de détente et de repos et te dis ; à bien tôt j’espère.

Vicioso IV

Roi éternel de Grosselande

Bonjour Père-Noël, c’est ainsi je crois qu’on s’adresse à toi.

Je souhaiterais éveiller ton intérêt, si grande est ta bonté que je sais que tu te pencheras certainement sur mon cas.

J’étais un beau Prince charmant, j’allais par monts et par vaux. De ravissantes jeunes filles m’invitaient à leurs bals champêtres et j’étais, je veux le croire fort prisé à cette époque.

Mon panache n’avait d’égal que le ramage du rossignol. 

L’avenir s’ouvrait plein de promesse devant moi.

Hélas, après une regrettable erreur à propos de sévices qui auraient dû être des services et dont je n’ai pas bien saisi toute la substance, me voici désormais transformé en petite grenouille.

Pourrais-tu, à ton choix, tu vois je ne suis pas gourmand :

  • Me rendre mon apparence de beau Prince charmant.
  • Si cela t’est impossible ou si tu es lié avec la personne qui m’a jeté ce sort, pourrais-tu au moins m’apprendre à nager ?

Je te remercie de ces quelques instants d’attention Père Noël et je compte sur ta bonté légendaire.

Prince charmant.

Provisoirement petite grenouille.

Lac de Tirecrass.

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