La nature dit-on l’avait faite petite. Mais petite de quoi, tant étaient grands ses mérites, beaux ses débordements, doux ses élans, attendrissant son corps voluptueux tout de crème douce à l’œil du passionné.
Lui ne la voyait que pétillante, attirante, irrésistible, tendre et il comptait bien s’en tenir là.
Avec un nuage ouaté de douceur, un voile transparent de tendresse, un reste de sensationnel cette nature, inspirée, avait conçu une merveille que lui dévorait de son œil enveloppant. Le tonnerre qui passait par-là y avait ajouté la fougue, l’optimisme, la démesure des sens, l’envie de dévorer tout ce qu’elle aimait.
Lui, s’en trouva fort bien qui ne souhaitait qu’habiter l’esprit d’une créature des forêts auxquelles il serait fort difficile de ne pas l’y assimiler. Il l’observait à la dérobée, écoutait son corps vibrer, répondait par de longues caresses qu’il espérait variées et qui la transportaient chaque fois un peu plus loin afin que chaque jour davantage elle l’aime et l’aime encore. Il adorait sa franchise, son sourire qui ne laissait jamais indemne, son rire conquérant, en bref et pourquoi se le cacher, il aimait.
Lorsque la première elle lui laissa entrevoir son corps il fut assailli de sensations toutes différentes et complémentaires. Il eut d’abord l’impression d’entrer dans une pâtisserie renommée dont les gâteaux et douceurs auraient été présentés là, tous plus odorants les uns que les autres, flattant déjà le palais qui bientôt viendrait les déguster. Puis l’harmonie des courbes, la profusion de délices, la tendresse exposée vous submergeaient. Il lui fallait toucher, caresser, sentir et goûter ce que la dame, il le sut bien vite, appelait à grands renfort de signaux, variés, beaux, puissants et sans ambiguïté. Aux plaisirs de l’œil et de l’odorat se substituaient ceux de tous les autres sens et si fait, d’autres encore dont il n’avait jamais entendu parler.
La gourmandise de l’un rencontrait celle de son Aphrodite dans une fusion délicieuse que rien sans doute ne pourrait interrompre, car bien rare étaient ces états, tout au moins dans la vie naturelle. Elle s’était endormie et lui sentait encore sa présence contre lui, il la percevait tant qu’il s’approcha, fondit en elle et s’endormit comme l’homme heureux s’endort, avec ce sentiment d’éternité et que décidément, la vie est bien belle.
Il s’éveilla, ondula jusqu’à elle, l’enserra de ses bras, s’alanguit contre sa croupe briochée, appétissante et le bonheur l’envahit, comme la mer recouvre le sable avant que ses doigts ne trainent un peu sur ses seins magiques dont les pointes framboisées durcissaient doucement jusqu’au frémissement.
Il était heureux et ça n’était pas banal. Elle lui fit sentir son éveil, l’appela « petit chat » et ce qu’il restait de lui qui n’avait pas fondu disparut dans les vagues d’un plaisir lent, progressif et envahissant que chacun donnait à l’autre. Sa main s’égara, comme par erreur, vers son ile dont les palmiers, fins et doux se prélassaient devant l’humidité rafraichissante de son oasis tropicale. Les tendres cuisses de son amoureuse s’entrouvrirent progressivement pour lui offrir les délices infinis de son chat, à elle. Il caressa, goutta, pénétra lentement jusqu’à ce qu’enfin, tous deux rejoignent le ciel duquel ils ne voulurent plus jamais s’enfuir.
Je vous aime, mon amoureuse, ma mie, ma fée, ma Circée. Vous êtes ce qu’il m’arrive de plus beau depuis fort, fort , fort longtemps, si cela est, c’était en une autre vie.
Je vous rejoindrai, dans mes rêves, éveillé, endormi. Je suis à vous, belle andalouse.
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