LES LETTRES DE LÉON


Infini, monde des possibles.

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Infini, définition : En quoi on ne peut observer ni concevoir aucune limite.

Je ne surprendrai personne en prétendant détenir davantage d’appétit pour le littéraire que pour la mathématique. Si j’aime les chiffres, pour je ne sais quelle raison, je suis réfractaire à la mathématique comme la brique l’est au feu. J’en déteste le langage, n’en perçois pas la beauté prétendue par ceux qui l’aiment, n’en capte pas la logique. C’est peu de dire que pour la mathématique, je suis un étranger, un immigré, à peine toléré, souvent rejeté.
Et pourtant.
Il arrive parfois qu’à certaines extrémités les deux notions parviennent à se conter fleurette, l’espace d’un instant, comme pour se défier. Le littéraire gagne toujours car lui seul autorise tous les possibles tant et si bien que la mathématique est obligée, penaude de se cacher dans un petit recoin qu’elle nomme l’infini lorsque paradoxalement elle atteint ses limites.
J’ai toujours été interloqué par cette facilité avec laquelle nos amis mathématiciens font entrer la notion d’infini dans leurs calculs.
Rappelons-nous encore une fois la définition d’infini : En quoi on ne peut observer ni concevoir aucune limite.
Il arrive à ces mêmes mathématiciens, ou physiciens de tempérer son utilisation par des plus et des moins, ce qui en soit est déjà une gageure car moins infini, je vois mais plus, je me perds en conjectures…
Toujours est-il que recourir à l’infini n’est-il pas surtout et avant tout l’aveu d’une incompréhension aussi infinie que la notion elle-même ? Passons-nous de la mathématique à la mathémagique ? Je m’interroge.
On ne peut observer aucune limite. Cela signifie tout bonnement qu’on ne sait pas ce qui se trouve au-delà de la limite que les calculs eux-mêmes ignorent.
On ne peut concevoir aucune limite. Le champ des possibles s’ouvre sans contrainte, rien n’interdit rien et des états inimaginables deviennent du domaine du possible, on ne sait pas. Vertige.
Car enfin si l’univers est infini et si certains calculs le sont alors la statistique et la probabilité rejoignent la certitude puisque tous les états possibles d’une même théorie deviennent par définition autant de possibles. Il suffit d’attendre, patiemment, d’explorer.
Continuons de façon bonhomme et un peu plus loin nos investigations sur le chemin des possibles.
Considérons par exemple l’idée que l’univers est infini ce qui qui semble recueillir les suffrages de nos plus grands physiciens.
Ne peut-on dire avec toute l’assurance tranquille que si l’univers est infini alors tout devient possible, tous les états, toutes les natures, tous les concepts, même les plus fous ?
Imaginons un instant qu’il y ait une chance sur un milliard de milliards de milliards de milliards (et vous pouvez en rajouter autant que vous voudrez) que la magie existe, alors fatalement elle existe, car si dans cette première série de probabilité rien ne se passe, on pourra toujours et encore en ajouter une jusqu’à avoir atteint le chiffre adéquat pour que…la magie se produise. N’est-ce pas miraculeux ?
De la même manière, pour ce qu’il est convenu d’appeler un miracle (une forme de magie ?) il y a dans cet univers, en endroit, une planète où un miracle se produit au moment où je vous vous écris ces lignes.
Les licornes existent bien entendu, les sorcières également et les dragons davantage encore, il suffit d’attendre, ou d’aller là où ils se trouvent. La résurrection des êtres chers et des pires d’entre nous se produira, s’est déjà produite, se produira à nouveau, c’est certain.
Il existe un monde où il pleut de la terre sur une planète couverte d’océans et sur laquelle vivent des amphibiens qui aiment à se rouler dans la boue en crachant de longues flammes couleur d’arc-en-ciel dont les volutes s’élèvent entre les éboulis célestes en créant autant de sommets montagneux en retour.
J’ai une faiblesse particulière pour les êtres vivants développés, intelligents qui peuplent la galaxie et ils existent bien sûr, cela ne fait aucun doute.
Alors je m’étonne. Pourquoi ces débats sur les conditions du vivant, sur les composés chimiques prédisposant au développant des organismes vivants, sur la nature des planètes et de leur atmosphère susceptible d’accueillir la vie ? Pourquoi ?
Ne suffit-il pas de se contenter d’explorer pour un jour trouver, tout simplement puisque quelque part dans l’infini, la nature repasse forcément les plats du diner de la vie, dans l’ordre qui lui plait et avec les mets qu’elle voudra bien fournir.
Il existe un endroit, un espace, dans lequel Dieu existe, Odin et Ahura Mazda également et bien d’autres encore et un endroit, un espace dans lequel ils n’existent pas. Car si l’on se réfère à l’infini, tout existe et son contraire également, avec autant d’assurance puisque par définition j’ai le droit d’imaginer l’inconcevable. N’est-ce pas ?
Qu’il est petit notre imaginaire face au vertige de l’infini. Qu’il est grisant également cet état de tous les possibles et combien ont raison ceux qui disent qu’il faut entreprendre, tenter, essayer sans relâche car tout arrive à ceux qui osent.
Mais si l’infini n’existe pas, s’il n’est que le refuge de notre ignorance, qu’une échappatoire bien providentielle, le temps que nos connaissances s’améliorent et que le champ des possibles s’amenuise, inexorablement ?
Si tel est le cas, je vous ai fait perdre quelques minutes de votre temps, que vous ne récupèrerez jamais, hélas. Plus grave je nous ai privé d’une part considérable de réalités possibles.
Mais rassurez-vous je n’ai en rien touché à l’infini de l’imagination humaine, car dans ce domaine, au moins il semble bien que de limite il n’y ait pas.
Alors vive les futurs alternatifs, les rêves devenus réalité ou pas, vive l’imaginaire.

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